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Bal du Moulin de la Galette : le tableau de Renoir décodé

il y a 5 jours
5 min de lecture

Un dimanche après-midi de 1876, sur la Butte Montmartre, on danse sous les arbres. Renoir plante sa toile là, dehors, pour attraper la lumière avant qu'elle ne file. Le Bal du Moulin de la Galette est né de cette obsession. Voici comment lire ce chef-d'œuvre impressionniste, et découvrir le vrai moulin qui l'a inspiré. Notre application Odyssey vous glisse ces secrets à l'oreille, chez vous comme sur la Butte.


Détail du tableau de Renoir : danseurs et buveurs attablés sous les acacias, taches de soleil sur les visages
Renoir a peint cette scène en 1876, à trente-cinq ans, directement dans le jardin du bal, sur la Butte.

Que représente le Bal du Moulin de la Galette ?


Le tableau montre un bal populaire en plein air, un dimanche après-midi à Montmartre. Une foule joyeuse y danse, discute et boit sous les acacias. Pierre-Auguste Renoir le peint en 1876, à trente-cinq ans.

Renoir travaille en « plein air », c'est-à-dire directement dehors et non en atelier. C'est la méthode des impressionnistes, qui veulent saisir l'instant. La toile mesure près de 1,31 mètre sur 1,75 : un grand format, rare pour une scène aussi ordinaire.

Le musée d'Orsay la conserve aujourd'hui, grâce au legs du peintre Gustave Caillebotte en 1894. Une danse de quartier devenue trésor national.



Le vrai moulin : une guinguette perchée sur la Butte


Le Moulin de la Galette n'était pas un seul moulin, mais une guinguette installée au pied de deux vieux moulins à vent. Une guinguette est un bal populaire en plein air, où l'on danse et boit un verre le dimanche, souvent loin du centre-ville.

Deux moulins dominaient la Butte : le Blute-fin, dressé dès 1622, et le Radet, son voisin. La famille Debray les exploitait depuis des générations. En 1814, quand les armées ennemies attaquent Paris, le meunier Pierre-Charles Debray défend son moulin. La légende raconte qu'on attacha son corps aux ailes, en guise d'avertissement.

Longtemps, ces moulins furent de vrais outils. Puis les Debray eurent une idée.


Le moulin Blute-fin du Moulin de la Galette dominant les toits de Montmartre, sous un ciel bleu
Le Blute-fin, dressé dès 1622, est l'un des deux derniers moulins de Montmartre ; un restaurant occupe aujourd'hui son pied.


D'où vient le nom « galette » ?


Le nom vient d'une petite galette de pain de seigle que la famille Debray vendait aux promeneurs du dimanche. Le succès fut tel que l'on ajouta un verre de lait, puis un orchestre, puis une piste de danse. Le mot « galette » tire donc son origine d'une recette, jamais d'une danse.



Comment Renoir a-t-il peint la lumière qui danse ?


Renoir a couvert la scène de taches de soleil, ces ronds de lumière qui tombent à travers le feuillage. Sa « touche », c'est-à-dire la trace visible de son pinceau, reste rapide, floue, vibrante. Rien n'est net, et c'est voulu.

L'ami et critique Georges Rivière raconte que la toile voyageait chaque jour de l'atelier de la rue Cortot jusqu'au jardin du bal. Des amis la portaient à bras. En 1877, à la troisième exposition impressionniste, beaucoup se moquent de ces flaques de lumière sur les visages. Rivière, lui, défend l'œuvre dans son journal « L'Impressionniste ».

Aujourd'hui, ce sont ces taches que l'on admire.


Deux toiles de Renoir, Danse à la ville et Danse à la campagne, accrochées au musée d'Orsay
Peintes en 1883, ces deux danses de Renoir voisinent au musée d'Orsay avec le Bal du Moulin de la Galette.

Qui sont les danseurs du tableau ?


Ce ne sont pas des inconnus, mais les amis de Renoir. Les peintres Norbert Goeneutte et Georges Rivière posent, entourés de jeunes Montmartroises, Estelle et Jeanne, que Renoir croisait sur la Butte. Le peintre a mis son cercle en scène, pas des modèles anonymes payés à l'heure.


Montmartre, le village des peintres impressionnistes


À la fin du XIXe siècle, Montmartre est un village bon marché où s'installent les peintres. Loyers modestes, guinguettes, ruelles pentues : la Butte attire tous ceux que le centre chasse. Du haut de la Butte s'ouvrent d'ailleurs quelques-unes des plus belles vues de Paris.

Van Gogh y vit de 1886 à 1888, rue Lepic, chez son frère Théo. Il peint lui aussi le Moulin de la Galette. Toulouse-Lautrec dessine les cabarets, Picasso s'installe au Bateau-Lavoir, Suzanne Valadon et son fils Utrillo peignent les rues. D'autres impressionnistes reposent au Père-Lachaise, comme Camille Pissarro. La Butte a inspiré certains des plus beaux tableaux sur Paris.



Ruelle pavée de Montmartre aux vignes rousses, ancienne butte des peintres impressionnistes
Ces ruelles pentues et bon marché attirèrent les peintres que le centre de Paris chassait, de Renoir à Van Gogh.


Où voir le Bal du Moulin de la Galette aujourd'hui ?


La grande version est exposée au musée d'Orsay, à Paris. Le musée occupe une ancienne gare de 1900, sur la rive gauche de la Seine. Il figure parmi les musées gratuits de Paris le premier dimanche de chaque mois.

Il existe une seconde version, plus petite, peinte la même année. Elle s'est vendue 78 millions de dollars chez Sotheby's en 1990, un record pour l'époque. Elle appartient depuis à un collectionneur privé, loin des regards.


Le Bal du Moulin de la Galette exposé dans son cadre doré au musée d'Orsay, à Paris
Le musée d'Orsay conserve la grande version depuis le legs du peintre Gustave Caillebotte, en 1894.

Montmartre à hauteur d'oreille

Un tableau se comprend mieux quand on connaît le lieu qui l'a fait naître. Notre application pour visiter Paris vous raconte le Moulin de la Galette, ses meuniers et ses peintres, pendant votre balade dans Paris ou depuis chez vous. Le bon récit, au bon endroit.


Peintres et chevalets place du Tertre à Montmartre, cœur du village des artistes parisiens
Place du Tertre, les peintres plantent encore leurs chevalets là où Renoir et ses amis firent poser le voisinage.

Ce que la toile continue de murmurer

Derrière la fête, le Bal du Moulin de la Galette raconte tout un monde : des meuniers défenseurs, une galette devenue légende, une bande d'amis peintres décidés à peindre la lumière autrement. La Butte reste l'un des lieux les plus insolites de Paris. Le voir à Orsay, c'est bien. Le comprendre avant d'y aller, c'est mieux.



FAQ sur le Bal du Moulin de la Galette


Où voir le Bal du Moulin de la Galette ?

La grande version se voit au musée d'Orsay, à Paris. Elle y est entrée en 1894 par le legs de Gustave Caillebotte. Le musée est gratuit chaque premier dimanche du mois. Une seconde version, plus petite, appartient à un collectionneur privé.


Qui a peint le Bal du Moulin de la Galette ?

Le peintre est Pierre-Auguste Renoir, figure majeure de l'impressionnisme. Il réalise l'œuvre en 1876, à trente-cinq ans, dans le jardin même du bal. Il installe ses amis comme modèles et peint sur place, en plein air, pour capter la vraie lumière du dimanche.


Que représente le tableau ?

Il représente un bal populaire du dimanche après-midi à Montmartre. On y danse, on discute et on boit sous les arbres d'une guinguette. Renoir peint une foule ordinaire de Parisiens, éclairée par des taches de soleil qui tombent à travers le feuillage.


Pourquoi le Moulin de la Galette est-il célèbre ?

Il est célèbre grâce au tableau de Renoir, devenu une icône de l'impressionnisme. Mais le lieu était déjà connu : une guinguette perchée sur la Butte, au pied de deux moulins du XVIIe siècle. Van Gogh l'a peint lui aussi.


Combien vaut le Bal du Moulin de la Galette ?

La version réduite s'est vendue 78 millions de dollars chez Sotheby's en 1990. Ce fut alors l'un des tableaux les plus chers du monde. La grande version d'Orsay, elle, est un bien public français : elle n'a pas de prix et ne se vend pas.


Peut-on visiter le Moulin de la Galette aujourd'hui ?

Le moulin Radet et le Blute-fin sont toujours visibles depuis la rue, mais restent privés. On ne visite pas l'intérieur, et un restaurant occupe une partie du site. Le meilleur plan reste de flâner autour et d'imaginer la guinguette d'autrefois.



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