Statue de la Liberté à Paris : les 5 répliques cachées
Tout le monde connaît la géante de New York. Peu savent qu'elle est née à Paris, et qu'elle y a laissé des sœurs. La statue de la Liberté à Paris se décline en cinq répliques, semées de l'île aux Cygnes au jardin du Luxembourg. Odyssey vous glisse à l'oreille l'histoire que les façades taisent.

Combien de statues de la Liberté y a-t-il à Paris ?
Paris compte cinq statues de la Liberté, auxquelles s'ajoute une flamme dorée au pont de l'Alma. Elles ne sont pas des copies au rabais. Chacune raconte un fragment de l'aventure Bartholdi, le sculpteur alsacien qui a donné son visage à la Liberté.
On les trouve à l'île aux Cygnes, au jardin du Luxembourg, désormais au musée d'Orsay, et au musée des Arts et Métiers, jusque dans un square du 3e arrondissement. La dernière, la plus troublante, veille au-dessus d'un tunnel. Sans oublier l'atelier où tout a commencé. Suivez le fil.
L'île aux Cygnes : la grande sœur qui regarde New York
La plus grande réplique parisienne s'élève sur l'île aux Cygnes, une digue étroite posée sur la Seine entre les ponts de Grenelle et de Bir-Hakeim. Elle mesure 11,50 mètres, contre 46,50 mètres pour l'originale américaine.
Le bronze fut coulé d'après le modèle en plâtre de Bartholdi. En 1884, le comité des Américains de Paris lança une souscription pour offrir cette Liberté à la France. Le prétexte tenait en trois mots : le centenaire de la Révolution française. L'inauguration eut lieu le 4 juillet 1889, jour de la fête américaine, en présence du président Sadi Carnot.
Un détail que peu de promeneurs remarquent. À l'origine, la statue tournait le dos aux États-Unis. Il ne fallait pas qu'elle snobe l'Élysée, siège de la République. Bartholdi le regretta. En 1937, pour l'Exposition universelle, on la fit enfin pivoter vers l'ouest et New York.
La tablette qu'elle serre porte deux dates gravées. Le 4 juillet 1776, indépendance américaine. Le 14 juillet 1789, prise de la Bastille. Deux révolutions dans les bras d'une même femme.

Le bronze du Luxembourg : le premier modèle de Bartholdi
Le jardin du Luxembourg abrite un bronze de 2,85 mètres, l'un des modèles que Bartholdi façonna avant la version géante. Le sculpteur présenta ce tirage à l'Exposition universelle de 1900.
On parle ici d'un « modèle réduit », c'est-à-dire la maquette à échelle diminuée qui sert de matrice à l'œuvre finale. À la demande de la veuve de Bartholdi, il fut installé dans le jardin du Sénat, sur la rive gauche, en 1906. Il y resta cent quinze ans.
En juin 2012, le bronze original quitta le jardin pour le musée d'Orsay, à l'abri des intempéries. Il y voisine désormais avec les plus beaux tableaux de Paris. Selon le musée d'Orsay, c'est bien la fonte de 1900 que l'on admire dans ses salles.


Le musée des Arts et Métiers : la Liberté parmi les machines
À la fin du parcours du musée, l'ancienne église Saint-Martin-des-Champs sert de nef aux inventions. C'est une « église désacralisée », c'est-à-dire un lieu de culte rendu au civil puis transformé en salle d'exposition. Sous ses voûtes gothiques trônent le pendule de Foucault et l'aéroplane de Louis Blériot. Et, veillant sur eux, une réplique de la statue de la Liberté.
Le musée conserve plusieurs modèles issus des éditions de Bartholdi, ces tirages que le sculpteur multiplia pour financer la géante de New York. Celui-ci se découvre avec le billet d'entrée, à deux pas de la station de métro Arts et Métiers, dont les parois de cuivre riveté évoquent le Nautilus de Jules Verne. La Liberté y trouve un écrin à sa mesure : celui du génie industriel qui l'a fait naître.

Le square du Général-Morin : la réplique qui a repris le bateau
Juste derrière la chapelle du musée, le square du Général-Morin accueillit à partir de 2010 un bronze de 2,83 mètres. Un tirage rare : le numéro 1 d'une « édition » de douze, c'est-à-dire une série limitée fondue d'après le plâtre original de Bartholdi, coulée par la fonderie Susse.
Puis son destin rima avec celui de son aînée. Le 7 juin 2021, cette petite sœur reprit le bateau pour l'Amérique, cent trente-six ans après la géante. Après une escale à Ellis Island, elle veille depuis le 14 juillet 2021 dans les jardins de l'ambassade de France à Washington, pour un prêt de dix ans. Le socle parisien, lui, attend son retour vers 2031. En attendant, le square offre un banc et l'ombre d'une absence.

Rue de Chazelles : l'atelier où New York a grandi
C'est au 25 rue de Chazelles, dans le 17e, que la statue de New York fut assemblée. Là se trouvaient les ateliers du fondeur Gaget, Gauthier et Cie, c'est-à-dire l'atelier qui coule et martèle le métal.
Imaginez la scène. Pendant des mois, une femme de cuivre de plus de trente mètres dépassa des toits haussmanniens de la plaine Monceau. Les voisins la voyaient grandir depuis leurs fenêtres. On montait ses trois cents feuilles de cuivre martelées une à une. À l'intérieur, une charpente de fer pensée par Gustave Eiffel tenait le tout debout.
Achevée, la géante fut démontée, mise en caisses, puis expédiée vers l'Amérique en 1885. Il ne reste rien de l'atelier. Mais la rue, elle, se souvient.
La Flamme du pont de l'Alma : la Liberté qu'on prend pour un autre monument
Au débouché du pont de l'Alma brûle une flamme dorée de 3,50 mètres, réplique exacte de la torche new-yorkaise. Beaucoup la rangent parmi les curiosités insolites de Paris sans en connaître l'origine.
La vérité surprend. Cette flamme de cuivre doré fut offerte à Paris par le journal International Herald Tribune. Le maire Jacques Chirac l'inaugura le 10 mai 1989. Elle scellait l'amitié franco-américaine, rien de plus.
Le destin s'en mêla. Le 31 août 1997, la princesse Diana trouva la mort dans le tunnel, juste en dessous. Depuis, les visiteurs y déposent des fleurs, croyant fleurir un mémorial. La Liberté, une fois de plus, avance masquée.

Écouter Paris autrement
Ces cinq Libertés se visitent en une journée, à pied, presque toutes gratuitement. Encore faut-il savoir ce que l'on regarde. L'application Odyssey glisse à votre oreille l'histoire cachée derrière chaque bronze, que vous prépariez votre séjour ou que vous soyez déjà sur les quais. Pour toutes les repérer sans dépenser un centime, gardez à portée notre guide des lieux gratuits de Paris.
Cinq Libertés pour une seule idée
Paris n'a pas copié New York. Paris l'a enfantée, puis en a gardé le souvenir en plusieurs points de la ville. De l'île aux Cygnes au pont de l'Alma, ces bronzes racontent la même promesse, murmurée à voix basse. Ouvrez Odyssey, et laissez la ville vous souffler le reste.
FAQ sur la statue de la Liberté à Paris
Où se trouvent les statues de la Liberté à Paris ?
Les cinq répliques se répartissent entre l'île aux Cygnes, le jardin du Luxembourg, le musée d'Orsay et le musée des Arts et Métiers. Une sixième Liberté, réduite à sa torche, brûle au pont de l'Alma. Toutes se rejoignent en une journée de marche.
Combien de statues de la Liberté y a-t-il à Paris ?
Paris compte cinq statues de la Liberté, plus la Flamme du pont de l'Alma. Le chiffre varie selon que l'on compte les modèles de musée. Bartholdi a multiplié les tirages, ce qui explique cette étonnante famille parisienne.
Qui a construit la statue de la Liberté à Paris ?
Le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi l'a conçue, avec une charpente de fer signée Gustave Eiffel. Elle fut assemblée rue de Chazelles, dans le 17e arrondissement, avant de partir pour New York en 1885.
Quelle est la taille de la statue de la Liberté de l'île aux Cygnes ?
La réplique de l'île aux Cygnes mesure 11,50 mètres, socle non compris. C'est environ le quart de la statue new-yorkaise, qui culmine à 46,50 mètres. Un format à taille humaine, plus facile à approcher de près.
Peut-on voir les statues de la Liberté de Paris gratuitement ?
Oui, l'île aux Cygnes, le Luxembourg et la Flamme du pont de l'Alma se visitent librement. Seuls les musées d'Orsay et des Arts et Métiers demandent un billet. Prévoyez de bonnes chaussures pour relier les cinq.
Pourquoi la Flamme du pont de l'Alma n'est-elle pas un mémorial à Diana ?
La Flamme fut offerte en 1989 par l'International Herald Tribune, huit ans avant la mort de Diana. Sa place au-dessus du tunnel fatal de 1997 en a fait un lieu de recueillement spontané, mais son sens premier reste l'amitié franco-américaine.
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À écouter
[ IMAGE 6 ] ALT : «Carte des cinq statues de la Liberté à Paris» | Légende : «Cinq Libertés, un itinéraire : de l'île aux Cygnes au pont de l'Alma.» | Fichier : carte-statues-liberte-paris.jpg




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