Baignade dans la Seine : 3 sites où nager à Paris en 2026
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Cent ans. Pendant un siècle entier, la baignade dans la Seine a été officiellement interdite à Paris.
Un arrêté préfectoral signé en 1923 a mis fin à des siècles d'usage populaire du fleuve. Mais les Jeux olympiques de 2024 ont renversé cet interdit historique. En 2026, trois sites officiels accueillent à nouveau les nageurs en plein cœur de la capitale. Ce que peu de voyageurs imaginent : avant d'être un décor de carte postale, la Seine a longtemps été la piscine, la blanchisserie et le terrain de jeu des Parisiens.
Avant de plonger dans l'histoire, découvrez aussi les audioguides Altava Odyssey pour explorer les quais de Paris et comprendre comment ce fleuve a façonné la capitale depuis Lutèce.

Baignade dans la Seine en 2026 : les 3 sites officiels
Le bras Marie, désormais au pont Louis-Philippe (4e arrondissement)
Le bras Marie reste le site le plus chargé d'histoire. En 2026, la Ville l'a déplacé sous le pont Louis-Philippe afin de mieux concilier les différents usages du fleuve, toujours face à l'Île Saint-Louis, en plein cœur du Paris historique.
C'est précisément le secteur où les premiers bains de rivière se tenaient dès le XVIIe siècle, près du quai Sully. Nager ici, c'est renouer avec plus de trois siècles d'histoire balnéaire parisienne.

À deux pas, l'Île Saint-Louis et sa voisine forment le berceau historique de la capitale : pour prolonger la promenade, découvrez notre guide pour visiter l'Île de la Cité.
La qualité de l'eau y fait l'objet d'un suivi quotidien par les services de la Ville de Paris, et la baignade est encadrée par des sauveteurs. Des fermetures temporaires peuvent intervenir après de fortes pluies.
Bercy, le plus grand bassin (12e arrondissement)
Près du parc de Bercy et de la passerelle Simone de Beauvoir, face à la Bibliothèque François-Mitterrand, Bercy est le plus vaste des trois sites parisiens.
Il compte trois bassins flottants et peut accueillir jusqu'à 600 personnes. Son cadre résolument contemporain contraste avec le décor historique du bras Marie, et convient particulièrement aux familles.

Le bras de Grenelle, face à l'île aux Cygnes (15e arrondissement)
À la pointe aval de l'île aux Cygnes veille une réplique de la Statue de la Liberté, offerte à Paris en 1889. C'est face à elle que s'étend le bras de Grenelle, le plus familial des trois sites.
Du 4 au 8 août 2026, il accueille même les championnats d'Europe de nage en eau libre et de high diving, preuve du chemin parcouru depuis l'interdit de 1923.

Consultez paris.fr pour les horaires et l'état de la qualité de l'eau avant de vous y rendre.
Villette et canal Saint-Martin : la baignade hors Seine
Au-delà de la Seine, deux autres bassins complètent l'offre parisienne : le bassin de la Villette (19e), sur le canal de l'Ourcq, et le canal Saint-Martin (10e). Ce dernier a accueilli ses premiers nageurs dès le 17 juin 2026, au 116 quai de Jemmapes, lors des premières fortes chaleurs. L'occasion d'explorer le quartier de la Villette et ses lieux insolites que peu de touristes connaissent.

Pourquoi la baignade dans la Seine a-t-elle été interdite en 1923 ?
La réponse tient en un mot : pollution. Au tournant du XXe siècle, la Seine est devenue un égout à ciel ouvert. L'industrialisation du XIXe siècle, la croissance démographique de Paris et l'absence d'un réseau d'assainissement moderne ont transformé le fleuve en un véritable dépotoir urbain.
En 1923, le préfet de police signe l'arrêté qui interdit officiellement la baignade dans la Seine à Paris. Selon les archives préfectorales, le texte invoque des motifs sanitaires mais aussi de sécurité : les quais réaménagés pour la circulation automobile n'étaient plus adaptés à un usage balnéaire.
Ainsi, d'un trait de plume, Paris tourne le dos à plusieurs siècles d'une relation intime avec son fleuve. Une décision brutale, et pourtant durable. L'interdit tiendra plus d'un siècle.
Des bains de rivière aux bateaux-lavoirs : deux siècles de vie sur le fleuve
Quand la Seine était la piscine des Parisiens
Avant le XIXe siècle, se baigner dans la Seine était une pratique ordinaire. Dès le XVIIe siècle, les Parisiens nageaient régulièrement à proximité du quai Sully, dans le secteur que l'on appelait alors les « bains de rivière ». Ces espaces, connus sous le nom de « baignoires flottantes », étaient de simples cabines en bois construites sur des péniches amarrées. On y entrait pour se déshabiller, puis on plongeait directement dans le courant.
Au XIXe siècle, ces installations prennent une forme plus organisée. Les « bains froids » de la Seine font leur apparition. Ce terme désigne ces établissements flottants où les Parisiens se baignaient dans des caissons ouverts sur le fleuve, en eau courante, par opposition aux bains chauds en eau stagnante des établissements à terre. Les Bains Vigier, fondés en 1801 sur les quais parisiens, deviennent parmi les plus réputés. Ces grandes structures accueillent jusqu'à 2 000 baigneurs par jour. Un chiffre fou pour un établissement flottant !
D'autres enseignes suivent : les Bains Poitevin, les Bains Deligny, les Bains de la Samaritaine. Tout au long du XIXe siècle, les Parisiens de toutes conditions fréquentent ces espaces. La Seine est alors un véritable lieu de sociabilité populaire.

Les bateaux-lavoirs : l'autre vie du fleuve
Parallèlement à la baignade, la Seine est aussi le lieu de travail des lavandières.
Les « bateaux-lavoirs » sont ces péniches spécialement aménagées pour le lavage du linge, amarrées le long des quais. Ces embarcations tiraient leur identité de leur unique fonction, laver, et de leur nature, flottante.
Présents à Paris depuis le Moyen Âge, ils atteignent leur apogée au XIXe siècle. En 1850, on recense plus de 200 bateaux-lavoirs sur la Seine à Paris. Les lavandières, surnommées « blanchisseuses de la Seine », y lavent, tordent et étendent des quantités colossales de linge. Certains bateaux traitent jusqu'à 10 tonnes de linge par jour. Une véritable industrie vivait du fleuve.
La pollution croissante de l'eau met progressivement fin à cette activité dans les années 1930-1940. Le dernier bateau-lavoir disparaît des quais parisiens en 1942. Et la Seine, désormais interdite à la baignade, devient lentement un décor plutôt qu'un acteur de la vie parisienne.
Pour mieux comprendre les transformations des quais de Paris au fil des siècles, consultez notre guide Visiter Paris à pied : le tour complet des quais.

Les Jeux olympiques de 2024 : le retour historique du plongeon
Pourquoi a-t-il fallu attendre les Jeux olympiques pour nettoyer la Seine ?
La dépollution du fleuve parisien est un chantier colossal. Entre 2016 et 2024, la Ville de Paris et l'État investissent près de 1,4 milliard d'euros dans l'assainissement du fleuve. Nouvelles stations d'épuration, déconnexion des rejets d'eaux usées, modernisation des réseaux souterrains : le projet mobilise des milliers d'ingénieurs et d'ouvriers pendant près d'une décennie.
En août 2024, les athlètes olympiques plongent dans la Seine pour les épreuves de triathlon et de marathon natation. Un moment historique. C'est la première fois que la Seine accueille officiellement des nageurs depuis l'arrêté de 1923. Cent un ans d'interdit effacés d'un seul été.
L'opération est aussi un test grandeur nature pour le grand public. En 2025, premier été de baignade libre, les services de la Ville de Paris enregistrent 175 000 nageurs sur les trois sites officiels. Un succès immédiat.

Ce que l'histoire de la baignade révèle sur Paris et son fleuve
Sauriez-vous dater le premier règlement parisien sur la baignade dans la Seine ?
Il remonte à 1667. Louis XIV, par ordonnance de police, encadre déjà les bains de rivière pour limiter les troubles à l'ordre public. À l'époque, les baigneurs mixtes, trop peu vêtus selon les mœurs du Grand Siècle, scandalisent les riverains.
Ainsi, la tension entre usage du fleuve et normes sociales traverse toute l'histoire de la baignade parisienne. Bien avant 1923, la Seine était déjà un espace réglementé, surveillé, contrôlé. Ce qui change au XIXe siècle, c'est l'échelle : la ville grandit, le fleuve se pollue, et l'État finit par tout interdire plutôt que de tout assainir. La réouverture de 2024 inverse la logique. Paris a choisi d'investir massivement pour rendre le fleuve à ses habitants, plutôt que de se résigner à un fleuve inaccessible.
C'est aussi pour cela que ces trois sites de 2026 ne sont pas de simples piscines. Ils sont la clôture d'un siècle de rupture entre une ville et son fleuve.
Pour prolonger cette balade dans l'histoire, explorez notre guide Comment visiter Paris en un jour à pied, qui suit les quais de la Seine d'un bout à l'autre de la capitale.
L'Odyssey de la Seine : écoutez le fleuve avant d'y plonger
L'application Altava Odyssey propose des audioguides pour longer les quais de Paris et comprendre comment ce fleuve a façonné la capitale depuis l'époque romaine. Des bains de Lutèce aux transformations haussmanniennes, en passant par les bateaux-lavoirs du XIXe siècle, chaque tronçon de quai cache une strate d'histoire.
Retrouvez aussi sur notre blog tout ce qu'il faut savoir pour reconnaître l'architecture haussmannienne à Paris, une autre façon de lire les quais et les façades au bord de l'eau.
Les rives retrouvées : Paris et sa Seine, acte II
La baignade dans la Seine à Paris incarne une reconquête. Celle d'une ville qui a tourné le dos à son fleuve pendant un siècle entier, avant de le retrouver grâce aux Jeux olympiques les plus ambitieux de son histoire.
Derrière les trois sites de 2026 se cachent des siècles de bains de rivière, de lavandières sur leurs bateaux, d'établissements flottants bondés, et de pollution industrielle. La Seine n'a jamais été un simple décor. Elle a toujours été un acteur à part entière de la vie parisienne.
En redevenant baignable, elle redevient elle-même.
FAQ sur la baignade dans la Seine
Quand la baignade dans la Seine a-t-elle été interdite à Paris ?
L'interdiction de la baignade dans la Seine à Paris remonte à 1923. Un arrêté préfectoral a mis fin à la pratique pour des raisons sanitaires, en raison de la pollution liée à l'industrialisation du XIXe siècle. Cet interdit a duré plus d'un siècle, jusqu'à la réouverture du fleuve lors des Jeux olympiques de 2024.
Est-ce que la Seine est propre pour nager en 2026 ?
La qualité de l'eau de la Seine a été significativement améliorée après 1,4 milliard d'euros de travaux d'assainissement entre 2016 et 2024. Les sites officiels font l'objet d'un contrôle quotidien. Des fermetures temporaires peuvent intervenir après de fortes pluies. Consultez paris.fr pour l'état en temps réel.
Où peut-on se baigner dans la Seine à Paris en 2026 ?
Trois sites officiels dans la Seine à Paris en 2026 : le bras Marie (pont Louis-Philippe, 4e), Bercy (12e) et le bras de Grenelle (15e), ouverts gratuitement du 4 juillet au 30 août. Le bassin de la Villette et le canal Saint-Martin complètent l'offre parisienne, hors Seine.
Qu'est-ce que les bains froids de la Seine au XIXe siècle ?
Les « bains froids » sont les établissements flottants où les Parisiens se baignaient dans des caissons ouverts sur le courant de la Seine. Par opposition aux bains chauds en eau stagnante, ils utilisaient directement l'eau du fleuve. Les Bains Vigier comptaient parmi les plus fréquentés, avec jusqu'à 2 000 baigneurs par jour.
Qu'est-ce qu'un bateau-lavoir à Paris ?
Un bateau-lavoir désigne une péniche aménagée pour le lavage du linge, amarrée sur la Seine. Ces embarcations, présentes à Paris depuis le Moyen Âge, ont atteint leur apogée au XIXe siècle, avec plus de 200 unités recensées sur le fleuve. Le dernier a disparu des quais en 1942.
Peut-on nager librement n'importe où dans la Seine à Paris ?
Non : la baignade dans la Seine n'est autorisée qu'aux emplacements officiellement délimités et surveillés. Nager en dehors de ces zones reste interdit et dangereux, en raison du courant, du trafic fluvial et d'une qualité de l'eau variable selon les secteurs et les conditions météorologiques.
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Notre podcast Histoire de France : retrouvez l'histoire des quais de Paris, des transformations haussmanniennes et des grands projets urbains qui ont façonné la capitale.




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